L’urbavidéo du Mercredi #46 - Paris, capitale du XIXe siècle

L’urbavidéo du Mercredi #46 – Paris, capitale du XIXe siècle

Cette semaine, Benjamin Bardou vous plonge dans le passé pour mieux appréhender le futur. A travers ce court-métrage d’une dizaine de minutes, il nous plonge dans une époque révolue dont les traces subsistent en de nombreux endroits de la capitale si l’on y regarde de plus près. Une rêverie qui évoque à la fois Murnau et Chaplin, le passé et l’avenir.

Présentation du film par son réalisateur :
Dans son livre « Paris capitale du XIXe siècle », le philosophe allemand Walter Benjamin tente une interprétation globale du XIXe siècle et de son équivoque modernité.
Pour lui, « le capitalisme fut un phénomène naturel par lequel un sommeil nouveau, plein de rêves, s’empara de l’Europe ». Ainsi, à Paris, au travers des travaux d’Haussmann, le capital remodèle l’espace et le temps de la ville.
Tout ceci constitue une expérience nouvelle pour le citadin, un sentiment bien décrit dans la poésie de Baudelaire, celui du choc de la grande ville.
Dans « L’éternité par les astres » Blanqui fait de celui-ci une vision d’enfer, c’est l’éternel retour du même.

On voit aussi à cette époque l’apparition de nouvelles techniques de reproduction comme la lithographie, la photographie puis le cinéma.
Elles permettent d’appréhender le choc traumatique de la ville en l’intégrant dans leur dispositif (le cinéma n’est-il pas la succession de 24 chocs/seconde?).
Ces techniques, une fois leur statut d’art conquis, constituent tout un imaginaire de la ville et du monde (au travers de lieux-type comme l’intérieur bourgeois, les passages, les grands magasins) et de fait en produisent une image saisissable et rassurante.
En d’autres termes, elles deviennent des fantasmagories.

Paris, capitale du XIXe siècle

De nos jours, un film doit encore faire rêver. Mais, de même que le cinéma n’a pas filmé Auschwitz, le cinéma d’aujourd’hui ne filme pas le réel. S’il le faisait, il nous renverrait l’image d’un monde en ruines.
C’est pourquoi il doit être un instrument du réveil qui permette à l’homme de vivre dans l’instant présent et non plus dans les rêves et les mythes du XIXe siècle.
En un sens il doit être politique. Ce film tente de le montrer.


Pas de commentaire


Trackbacks

  1. L’urbavidéo du mercredi S3 #21 – Do computers dream of electronic sheep ? | Urbamedia