La High Line, un exemple de reconversion ferroviaire

La High Line, un exemple de reconversion ferroviaire

Lors de notre dernier voyage à New-York le mois dernier, nous avions prévu d’aller explorer la nouvelle attraction du Meat Packing District, la High Line. Nouvel élément de la culture new-yorkaise ? Piège à touriste ? Eco-confetti destiné à donner bonne conscience aux élus ? Voici nos éléments de réponse illustrés.

Ce parc urbain linéaire s’implante sur une ancienne voie ferrée bâtie dans les années 30. Désaffectée en 1980 car supplantée par le transport routier plus souple et moins cher, elle est sauvée de la destruction par une association de défense s’inspirant de la démarche menée à Paris avec la promenade plantée de Bercy. Ils démontrent qu’en cas de réhabilitation, les recettes issues des taxes foncières seront supérieures au coût de démolition. Ils gagnent la confiance de la mairie qui s’associe à l’opération. Un concours est lancé en 2004 et remporté par James Corner Field Operations et Diller Scofidio + Renfro. Leurs travaux de design sont présenté au MOMA en 2005. La première portion est inaugurée en 2009 et la seconde en 2011.

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Des entrées ont été construites à intervalles réguliers afin de permettre à tous d’y accéder. Pour notre visite, nous avons choisi de commencer par la fin, c’est à dire le nord du parc, car c’est là qu’il devrait s’étendre à nouveau, à hauteur d’une impressionnante darse ferroviaire. Le tracé s’incline alors vers l’ouest en direction de l’Hudson River, nous offrant l’idée de ce que le futur nous réserve, avant de revenir sur nos pas et de découvrir comment la greffe a pris.

A mesure que l’on descend, on perçoit trois ou quatre étages plus bas que le quartier est irrigué de galeries et certains artistes téméraires ont choisi de s’exprimer le long du tracé du parc, comme un appel à aller découvrir la suite de l’exposition. La présence des galeries à cet endroit n’est pas une coïncidence. Les anciens bâtiments industriels offrent des surfaces importantes et des coûts réduits par rapport à d’autres quartiers de la Big Apple.

De même, un grand nombre de lofts a été réalisé, à destination des bobos locaux ou hipster ayant le gout de l’aventure urbaine et un compte en banque bien rempli. Car si le combat de la requalification de la High Line n’était vraiment pas gagné d’avance, c’est une véritable réussite aujourd’hui et les prix de l’immobilier s’envolent. Les grands noms de l’architecture s’emparent de ce nouveau symbole de la ville, parmi eux Franck Gehry, Jean Nouvel ou bientôt Renzo Piano.

Un aperçu de la High Line à travers notre appareil-photo

Le tracé en lui-même offre une mise en scène remarquable de l’histoire des lieux, conservant les rails en de multiples endroits, tout en en jouant pour y greffer bancs et espaces de détente. Des éléments de design viennent augmenter le viaduc pour y installer des gradins, des renfoncements intimes, des appendices offerts aux badauds. Notre préféré est sans doute celui installé au nord. Les personnes qui s’y assoient deviennent les personnages d’une publicité pour le parc pour celui qui les observent de plus bas grâce au cadre métallique qui les entourent. A l’inverse quand on s’y assoit, la ville se transforme en une carte postale animée grâce au même cadre. Une installation particulièrement réussie.

Cadre High Line

La promenade est vraiment agréable grâce aux changements d’ambiance, le tracé passant tantôt sous des immeubles, triplant de largeur par endroit, frôlant des immeubles désaffectés ailleurs. La cohérence de l’ensemble n’est jamais remis en cause car le mobilier urbain, la signalétique et le design global assure l’unité du lieu. La gestion des espaces verts semble poursuivre des objectifs de développement durable avec un arrosage minimal, des plantes robustes et un entretien minutieux.

La High Line est ainsi devenu un formidable espace de balade, de détente et de rencontre pour de nombreux habitants mais aussi pour les touristes. Si vous comptez vous y rendre, vous ne serez donc pas surpris d’entendre autant de français y discuter. Peut-être la seule ombre au tableau pour celui ou celle qui veut goûter au dépaysement.


1 commentaire


  1. Bel article. Je viens de la visiter et je dois dire que je n’ai pas été déçu. Un vrai coin de paradis. Voici mes photos :
    http://www.flickr.com/photos/79999079@N03/7347794028/in/photostream/
    http://www.flickr.com/photos/79999079@N03/7162583569/in/photostream/

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