L'urbavideo du mercredi #24 - Subprime par Beeple

L’urbavideo du mercredi #24 – Subprime par Beeple

Si l’extension urbaine se maintient à ce rythme, il ne sera bientôt plus envisageable d’implanter ne serait-ce qu’une seule petite maison dans la prairie. Modèle dominant de l’urbanisation des trente glorieuses à aujourd’hui, le pavillon individuel « toit à deux pentes, brique mécanique, crépis ton pierre, volets en pin vernis et tuyas sur limite séparative » a transformé le paysage français mais aussi les usages des habitants de ces zones pavillonnaires : Explosion du nombre de voitures (2 à 3 par foyer) et des temps de parcours, multiplication des zones commerciales accompagnées de leurs immenses aires de parking, réduction de surfaces cultivables ; On pourrait dépeindre ce tableau alarmiste pendant de nombreuses pages.

Il est temps de tirer la sonnette d’alarme mais les mentalités ont du mal à évoluer. Un aménageur me confiait récemment qu’il était plus rentable pour son entreprise de vendre des terrains à batir peu dense plutôt que des maisons de ville accolées, beaucoup plus durables et moins consommatrice d’espace.
La densité fait peur à bon nombre de français et l’illusion du calme et du bien-être associé à la maison individuelle a toujours le vent en poupe. Toutefois, la vague EcoQuartier aura sans doute un effet positif sur l’image que renvoie la ville dense. La sobriété énergétique, la réduction des trajets, la qualité des espaces publics et verts pourraient faire pencher la balance dans le sens d’un retour vers les centre-villes.

Mais en attendant, il serait bon de regarder outre-atlantique car on dit souvent que ce qui se passe aux Etats-Unis débarque en France 5 ans après. Et même si cela ne se produit pas, cette vidéo est pleine d’enseignement. Son auteur résume la crise des subprimes en 2 minutes 30 avec une maitrise rare de l’animation. Il rappelle comment le système s’est effondré : Il semblait rentable d’acheter une maison, de l’aménager puis de la revendre pour en racheter une autre, les prix de l’immobilier augmentant plus vite que les taux d’intérêt. Sauf que la bulle spéculative a fini par exploser, envoyant de nombreuses personnes à la rue et laissant des pans entiers de ville abandonnés.

La situation immobilière n’est pas la même en France mais l’urbanisation de milliers d’hectares chaque année est irréversible et doit nous faire réagir. Au delà d’une France moche, c’est une France banalisée et chiante selon les termes de Deux degrés qui continuera à se dessiner si les français ne choisissent pas un autre mode d’habiter.


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