L'urbaview #2 - Sophie Photographe

L’urbaview #2 – Sophie Photographe

Deuxième artiste à se prêter au jeu de l’urbaview après Leo & Pipo, voici notre portrait de Sophie Photographe. Ne pas confondre avec Sophie la Girafe, même si elle est l’auteur de la superbe série de collages intitulée « les Animaux dans les rues de Paris ». Nous n’avons pas eu la chance de lui poser nos questions en direct mais nous comptons bien nous rattraper lors de l’exposition de ces œuvres à Beaubourg du 27 janvier au 12 février 2012, au festival HORS PISTES 2012. En attendant de pouvoir y admirer trois de ces photos en grand format, faisons connaissance avec celle qui magnifie la présence animale en ville.

Girafe Pelican

L’ARTISTE

Sophie est photographe depuis 1996 et ne travaille que sur des séries qui l’inspirent avant de les présenter en exposition, et en Festival. Elle travaille rarement sur commande, à part si le sujet lui plaît et que l’on attend d’elle un travail qui lui ressemble. Elle a ainsi travaillé pour le monde de la mode, des pochettes d’albums, des portraits d’artistes, entre autres…
Habitant en Bresse Bourguignonne, elle travaille sur Paris une semaine sur trois, et un peu plus en période de collage. Aussi, c’est naturellement qu’elle exerce son art principalement Paris, mais elle a un projet en cours dans sa région. Elle prépare « les Animaux dans les rues de Dijon », une commande pour le Muséum d’Histoire Naturelle de Dijon, qui verra le jour en 2013.

La présentation de ces photos sur les murs des villes est en continuité de son travail. En effet, de 1998 à 2006, elle a travaillé la photographie sur bois. Cela ne vous dit rien ? Eh bien, c’est une technique qu’elle a mise au point mais qui la contraignait à un tout petit format de 20 x 25 cm. En effet, elle travaillait au polaroid avec une chambre 8 x10 inch, avant de décoller l’émulsion du Polaroid pour la replacer sur une plaquette de bois préparé, de manière à laisser apparaître le fil du bois à travers l’image.

Le mur s’est donc imposé à elle comme le support idéal pour faire évoluer son travail, agrandir son format, tout en restant dans l’idée de fusion de l’image avec son support. De plus, elle est très sensible à la beauté des murs qui lui font penser à de vastes toiles des plus inspirantes, chargées d’émotions et de vibrations, de traces de vie et d’usures, témoin du temps qui passe… Elle a donc sauté le pas un jour d’avril 2010 et a depuis collé environ cent cinquante photos. Un joli cheptel d’une trentaine de portraits d’animaux différents, en passant de la Chouette à la Panthère, du Calao Bicorne au Crapaud, ou de la Girafe au Crocodile,…

Crocodile et poussin

LA RUE

Elle a donc choisi de réintroduire l’animal en ville car la question est intéressante… surtout à notre époque, où beaucoup d’espèces sont en voie de disparition… Pour attirer l’attention des mammifères bipèdes que nous sommes, elle prépare minutieusement ses collages. Pour chaque soirée dans la rue, il y a une ou deux demi-journées de repérage. Elle décide de sa zone de travail, puis munie d’une photocopie du plan du quartier, elle parcoure toutes les rues, impasses, et passages, à la recherche d’endroits où un de ses animaux pourrait entrer en interaction avec l’environnement, pour créer une situation intrigante ou amusante !

Plan des animaux de Sophie Photographe

Grace à la marque sur son plan et la photo du mur en question, elle peut faire le bilan des différentes situations qu’elle a trouvé et peut ainsi décider de l’animal qui habitera le mieux chaque espace… Le lendemain matin, elle retourne photographier chacun de ses collages, et, elle réalise de petits films pour ses blogs, afin de partager cette remise en liberté avec ceux qui n’habite pas Paris…

Etant photographe équipée d’une imprimante professionnelle, le collage s’est naturellement imposé à elle pour faire vivre ses portraits animaliers. Une démarche qui aurait pu faire rougir une certaine Rosa de Bonheur… Le choix de détourer les animaux s’explique par l’envie d’insérer le plus discrètement possible l’animal dans la rue, pour créer un effet de trompe-l’œil, avec l’espoir que le doute s’installe sur la présence réelle de l’animal…

De 1999 à 2006, elle a occupé un atelier dans un squat d’artistes dans la rue de Crimée, à Paris. C’était une ancienne imprimerie de 500m2, qu’elle partageait avec 17 artistes. Elle y a découvert un contact avec la rue, qui lui a réellement manqué quand elle a quitté le lieu. Aujourd’hui, quand elle colle dans la rue, elle retrouve ainsi cette proximité avec les gens. Toutefois, sa série sur les animaux dans les rues de Paris ne représente qu’une partie de mon travail puisqu’elle a produit d’autres séries qu’elle présente en Festival, ou en galerie. Une façon différente et essentielle de rencontrer son public.

Considérant ses collages urbains comme des installations qui lui permettent de créer de nouvelles images, elle opère un important travail d’archivage. De cette manière, elle prend du recul sur l’évolution de son oeuvre, afin de toujours évoluer dans sa pratique artistique. Ainsi, elle nous explique qu’en 2010, ses photos représentant 18 animaux n’étaient pas très grandes, de 15 x 20 cm à 40 x 50cm. En 2011, elle a agrandi son format à 60 x 80cm, ce qui lui a permis d’investir de nouveaux espaces, et d’introduire une douzaine de nouvelles espèces… une manière de ne pas s’ennuyer, ou de ne pas se répéter au fil des collages… Dans cette optique de documentation de son propre travail, elle prépare actuellement une cartographie pour voir les différents endroits où elle a collé.

Perroquet

LE MARCHE DE L’ART ET L’ACCUEIL DU PUBLIC

Sophie nous explique que son travail de création ne s’arrête pas à la prise de vue, ou à l’impression des images… Le travail n’est pas fini tant que la série n’est pas présentée en exposition, pour qu’elle puisse enfin avoir le plaisir de voir et de présenter l’ensemble du travail qui a été fait… Chaque image existe en tant qu’unité, mais aussi comme part d’un tout, et ce tout ne peut être ressenti que lorsque toutes les pièces sont présentées ensemble… C’est donc seulement après l’étape de l’exposition de ces œuvres que vous pourrez acquérir votre animal préféré !

Pour l’instant, elle est en pleine création et s’amuse énormément, en se surprenant elle-même à chaque nouvelle réalisation, ce qui ce ressent dans l’accueil du public… Et c’est dans ce rapport à l’autre, aux visiteurs de ses expositions qu’elle estime que l’avenir dira si elle a oui ou non une place dans le marché de l’art.
Gageons que lors de sa participation au festival HORS PISTES 2012 elle saura attirer les regards car la qualité de ces images ne laisse déjà pas indifférent ! Elle entretient ainsi de très bonnes relations avec ceux qu’elle rencontre les soirs de collages, ou les lendemains quand elle photographie ses collages de la veille. Il y a aussi ceux qui la contactent via Facebook, ou son blog, en lui envoyant les photos qu’ils ont faites de ses collages !!!… En général, ils se sentent touchés par ses compositions, et par le côté altruiste de sa démarche…

Vache panthere iguane

LES AUTRES (ARTISTES, AUTORITES)
En tant que photographe, Sophie est amenée à travailler avec des artistes de rue, des musiciens, un scénographe, et une danseuse, mais évite d’utiliser des œuvres existantes pour mettre en perspective son propre travail par respect pour l’auteur. Elle tente plutôt d’utiliser ce que lui offrent la ville, l’architecture, et l’usure des murs… Mais elle s’amuse beaucoup quand un autre street artiste compose son installation autour de la sienne. Récemment, elle a retrouvé un de ses collages au cœur d’une peinture de Dast KC, ce qu’elle a trouvé très sympa…
Tout en faisant la part des choses, elle a toujours apprécié le Street Art. Elle estime que certains street artistes font un travail superbe en offrant ce privilège de pouvoir croiser leur regard, et leur message, sans avoir à sortir de notre quotidien. Ainsi, elle apprécie Ernest Pignon Ernest, Bansky, Jef Aerosol, J.R, Leo et Pipo, No rules corp, Pitr, Gregos… Des références dont elle se distingue par la technique et le sujet !
Aux opposants à sa démarche, elle rétorque que son art n’est qu’un simple collage d’affiche, qui partira avec le temps sans dégrader le support… Nous pourrions rajouter qu’il changera durablement la vision des murs sur lesquels elle colle, tout comme l’appréhension du passant vis à vis de la présence animale au cœur de nos villes ! Elle estime que son art n’est pas un affichage sauvage car ses photos ne sont pas signées, ce qui ne lui fait aucune publicité. Au contraire, elle préfère penser qu’elle dépose un peu de rêves sur les murs gris de la ville, rien de bien méchant !!!
Alors la plupart du temps, les gens sont sensibles à son travail, y compris la force publique… Elle a même obtenu le label « Année de la Biodiversité 2010 » par le ministère de l’Ecologie et du Développement Durable !

Poussin

LES PROJETS DES MOIS A VENIR

Parisiennes, parisiens, attendez-vous à voir débarquer des collages en très grand format dans vos rues. Pour 2012, ses animaux sont déjà imprimés en 120 x 170 cm et ils ne pourront plus passer inaperçus. Cela lui permettra d’exploiter de nouveaux murs, que les précédents formats n’auraient pas pu habiter…
Pour ceux qui ne sauraient patienter, trois de ses photos des Animaux dans les rues de Paris viennent d’être retenues par Beaubourg, et seront présentées du 27 janvier au 12 février 2012, au festival HORS PISTES 2012. Vous pourrez donc y admirer trois images de 3 mètres de haut sur 2 mètres de large, présentées dans le cadre de Hors Pistes. Et l’expérience se prolongera au delà des murs du musée car elle va quadriller le quartier en y collant des portraits d’animaux.

Elle va également travailler sur son projet « Les animaux dans les rues de Dijon » qui se déroulera du 01 avril au 30 septembre 2013. Le dossier a été validé par le Muséum d’Histoire Naturelle de la ville de Dijon, et fera partie des temps forts parmi les manifestations qui rythmeront la réouverture du Muséum, suite à des travaux de rénovation.

De biens belles perspectives pour cette artiste remarquable, que nous avons hâte de rencontrer !

Papillon

Pour en savoir encore plus sur Sophie, nous vous conseillons de réviser son œuvre via les sites suivants :
– Le premier est celui qui répertorie les Animaux dans les rues de Paris depuis le début. Il est assez bien référencé pour qu’un curieux n’ait qu’à taper le nom de la rue où il a vu le collage, et le nom de l’animal sur Google, pour qu’il tombe sur ce Blog.
– Son travail est également visible sur Tumblr.
– Et depuis cet été, son travail a été sélectionné par Créative Arte, la plateforme artistique de la chaine ARTE, qui lui a crée un Blog sur leur site.
On peut également la suivre sur Facebook, où elle annonce très régulièrement la progression des animaux dans les rues… Idéal pour organiser un safari photo, avec « Jouer dehors » de Mademoiselle K dans le casque, la sélection musicale de Sophie pour découvrir ses œuvres !


1 commentaire


  1. HELLO, POUR INFO IL Y AURA AUSSI UNE PERFORMANCE DE NEOZOON DANS LE CADRE DE HORS PISTES 2012 AU NIVEAU FORUM -1

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