Petit guide du détournement publicitaire

Petit guide du détournement publicitaire

Les enseignes de magasins, les néons et les publicités envahissent l’espace urbain. Le passant pressé, pris dans ses pensées ne semble même plus prêter attention à cette foison de couleurs qui anime la ville tout en la défigurant. Le publicitaire, face à cette indifférence, tente quant à lui de se démarquer, d’attirer le chaland avec de nouveaux discours et de nouveaux dispositifs souvent très consommateurs en énergie.

Pris au cœur de cette lutte silencieuse, des groupes de militants d’un nouveau genre décident, dans l’illégalité, de détourner ces publicités et ces affichages afin de susciter un échange sur la place de la publicité dans nos environnements urbains. Entre art urbain, initiatives potaches ou écologistes, vous trouverez ci-dessous un petit guide d’expériences de détournement publicitaire.

Le détournement au cutter

Le détournement publicitaire cherche d’abord à détourner le message original de la publicité pour le mettre en dérision. Le cutter devient ainsi l’outil privilégié d’une nouvelle chirurgie à ciel ouvert.

Poster Boy

Artiste new-yorkais, Poster Boy est une figure emblématique du détournement publicitaire. Muni d’une lame de rasoir et de son pot de colle, cet activiste d’un nouveau genre, découpe des morceaux d’affiches du métro de la Grosse Pomme pour les coller sur d’autres. Ses compositions au millimètre executées en un temps record se démarquent par leur message hautement caustique.

The Decapitator

Comme son nom l’indique, l’artiste anglais The Decapitator sévit à travers le globe en mutilant les figures aseptisées de la publicité. Têtes arrachées, projection de sang, les évocations enchantées de la publicité bascule dans l’horreur. Ci-dessous, ses réalisations sur le champagne Moët et Chandon et Bouygues.

The Cut Up Collective

Le Cut Up Collective travaille sur les affiches très grand format. Une publicité est sélectionnée, méthodiquement décollée, découpée en pixels et assemblée à un autre endroit pour former une autre image. Le travail de collage étant très long, les artistes trompent la vigilence des autorités en utilisant des habits d’agents de maintenance. Les publicités deviennent des palettes dans lesquelles le collectif puisse ses couleurs et son inspiration.

Le détournement au sticker

D’inspiration plus geek, les initiatives ci-dessous utilisent des autocollants pour détourner les publicités. Ces dernières sont assimilées à des écrans sur lesquels des éléments d’interactivité issus de l’informatique sont ajoutés par des individus isolés ou des communautés.

Photoshop Adbusting par le FTW Crew

En janvier 2009, le collectif FTW (Mr. Tailon, Baveux Prod., Kone and Epoxy) s’est illustré dans le métro berlinois en détournant une affiche des chanteuses Britney Spears, Leona Lewis, et Christina Aguilera. En collant des stickers d’interfaces Photoshop, le groupe dénonce avec humour le mariage surfait de la publicité et de la retouche numérique pour définir les critères de beauté contemporains.

Pop Down Project

Le projet Pop Down dénonce la mauvaise publicité. S’inspirant des navigateurs web, le collectif propose des kits de stickers « Fermer la fenêtre » à coller sur « toute pollution de l’espace public ». Il s’agit ainsi de rétablir symboliquement cette liberté de non-exposition disponible sur nos ordinateurs. Des kits de boutons sont proposés à la communauté sur le site du Pop Down Project.

D’autres photos sont disponibles sur leur compte Flickr : Pop Down Project Flickr.

The Bubble Project

A l’instar du Pop Down Project, le Bubble Project s’inspire de la bande dessinée ou des systèmes de messagerie instantanée en collant des bulles de discussion sur les pubs. L’initiative vise à rompre avec le monologue que nous impose les marques pour faire des publicités un espace d’échange et de discussion.

Le détournement au sécateur

Enfin je finis cette série par l’initiative canadienne du groupe Poster Pocket Plants et son détournement végétal. Un projet dans l’air du temps qui ne doit pas déplaire à l’inventeur du mur végétal, Patrick Blanc.

Ressources


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