Semaine urbaine #1 - Pascal Hausermann

Semaine urbaine #1 – Pascal Hausermann

Nouveau format, nouvelle auteure, nouveau projet : cette semaine est placée sous le signe de l’évolution. Aussi, nous ouvrons les pages de ce site à une jeune architecte, Hélène Hoffert, afin qu’elle vous fasse découvrir l’oeuvre de son ainé et confrère, Pascal Hausermann. En se basant sur son mémoire de fin d’études, elle vous propose quatre articles pour partir à la rencontre de cet architecte helvète. L’urbavidéo du mercredi #38 lui sera dédiée pour l’occasion. Les publications de cette semaine urbaine seront finalement regroupées en un dossier complet, agrémenté d’une galerie-photos exclusive.
Si le concept de cette semaine urbaine vous plait, nous renouvellerons l’expérience dans les mois à venir. Il nous semble important d’offrir une tribune aux jeunes professionnels et chercheurs en leur ouvrant les pages de ce site. Faire sortir les travaux de recherche des bibliothèques universitaires nous parait nécessaire pour améliorer le partage de la connaissance. N’hésitez donc pas à nous contacter si vous souhaitez participer aux prochaines semaines urbaines.

Pascal Hausermann…

Pascal Hausermann, architecte suisse de la seconde moitié du XXème siècle, demeure encore peu connu à l’heure actuelle et ce, malgré une œuvre architecturale poussant loin les questions d’industrialisation, de ville, d’économie et une œuvre urbaine d’avant-garde riche. Entre 1959 et 1973, Pascal Hausermann construit pour des particuliers, de nombreuses habitations-bulles en France et en Suisse. En béton projeté sur une armature métallique ou en plastique, ses bulles sont des réalisations concrètes d’une architecture des années 60, souvent restée au stade d’utopies sur papier.

Né dans le Jura suisse, ses parents émigrent à ses trois ans pour Genève. Il suit l’école primaire et secondaire ainsi que ses études d’architecture à Genève. Il part ensuite à Londres pour suivre une école d’ingénieur. Musicien, pilote d’avion et architecte, Pascal Hausermann a comme but professionnel et personnel, d’être heureux, de pousser ses rêves jusqu’à leurs aboutissements et de garder une fraîcheur, une distance par rapport au monde actuel afin de pouvoir remettre en cause les schémas classiques et traditionnels de la ville et de l’architecture tels que nous les faisons depuis des décennies.

En 1959, soit trois ans avant la fin de ses études, il met en pratique pour la première fois ses connaissances acquises à l’Ecole d’Architecture de l’Université de Genève et propose à son père une maison à Grilly (Ain) de 70 m² pour 5 000 FF en voile de béton projeté sur armatures sans coffrage. Il a tout juste 21 ans. Sa première commande, en 1960, consiste en deux pavillons à Pougny (Ain) réalisés dans la même technique. Cette commande lance la technique du voile de béton et sa carrière, les commandes affluent mais les autorisations de construire tardent à être délivrées.

Homme défenseur de la liberté individuelle, architecte prônant l’autoconstruction comme mode d’émancipation et d’épanouissement, citoyen engagé dans les luttes sociales des années 60, Pascal Hausermann défend la création formelle en architecture et l’industrialisation de l’habitat comme solution au logement du plus grand nombre. Véritable humaniste, en tant qu’architecte, il veut résoudre les problèmes de la société de son temps en inventant de nouvelles solutions.

Pascal Hausermann ne veut pas être qualifié d’architecte futuriste mais d’architecte de son temps. Exploitant les nouvelles techniques de construction (voile de béton projeté, plastique moulé), Pascal Hausermann veut construire pour tous et en répondant aux nouvelles attentes de la société en mutation en termes de loisirs, de logements, de déplacements et de vie communautaire.

En 1966, Pascal Hausermann adhère au GIAP (Groupe International d’Architecture Prospective, fondé en 1965 à Paris par Ragon, Friedman, Jonas, Maymont, Patrix, Schein, Schöffer). Parfaitement dans son époque, Hausermann s’inscrit dans le courant de cet urbanisme prospectif par ses recherches en termes d’industrialisation de l’habitat et de villes évolutives.

Ses travaux d’autoconstruction en béton projeté sur une ossature métallique le font également adhérer à un autre courant parallèle à la mouvance du GIAP, un courant plus expressionniste dont Bloc, Niemeyer, Couëlle, Bruyère, Balladur ou Lovag sont les représentants. Ses coquillages, œufs, soucoupes, yeux, bulles qu’il imagine dès 1959, sont les témoins d’un retour à une « nouvelle naturalité » comme l’appelle Couëlle ou à un « nouveau baroquisme » selon les termes de Ragon.

…vu par Hélène Hoffert

Les articles de cette semaine urbaine présenteront succinctement un seul projet de Pascal Hausermann, le plus ambitieux et le plus important de sa carrière. Ce projet est la concrétisation de ses recherches et de ses théories. Ultime projet de l’architecte avant son exil en Inde, il est autant exemplaire pour l’histoire de l’architecture qu’il est décevant dans la carrière de l’architecte. Seul exemple réalisé d’un urbanisme d’avant-garde mais projet inachevé et très vite détruit en partie, il a connu un destin complexe que ces articles tentent d’éclairer.

DOUVAINE

L’association « Habitat Evolutif » fondée en 1971 à Douvaine en Haute-Savoie par Pascal Hausermann, Jean-Louis Chanéac et Antti Lovag est le point de départ d’une aventure architecturale hors du commun. Le maire de Douvaine en poste à cette époque, intéressé par l’architecture prospective, propose aux architectes de l’association un terrain libre de toute contrainte administrative, afin qu’ils puissent expérimenter leurs théories urbaines. Le chantier commence en 1972 et s’interrompt violement en 1977 aux nouvelles élections municipales. Le Maire visionnaire est débouté et Pascal Hausermann, obligé d’arrêter le chantier puis de voir détruire son travail.


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