SU#1 - Hausermann - Les débuts du projet de Douvaine

SU#1 – Hausermann – Les débuts du projet de Douvaine

Après avoir retracé le parcours de Pascal Hausermann, le contexte historique de la construction de sa pensée et les concepts auxquels il croit, abordons le volet opérationnel d’un exemple emblématique de son oeuvre, le projet du centre urbain de Douvaine. Il débute dès les premiers mois du mandat de M. Miguet qui souhaite montrer par cette réalisation d’ampleur, son engagement pour la production d’avant-garde.

La ville décide de créer en mai 1971 une première zone de réserve foncière au nord de la ville, afin d’y construire un ensemble évolutif HLM conçu par Christian Hunziker, de l’habitat individuel issu du concours Chalandon, de l’habitat individuel industrialisé et des équipements publics. Trois mois plus tard, en août 1971, le conseil municipal constitue une seconde zone de réserve foncière au sud de la mairie. Elle est liée à de nombreux enjeux puisqu’elle permet de rénover, aérer et embellir le centre ville. En sauvegardant les bâtiments caractéristiques de l’architecture locale, en aménageant rigoureusement les circulations et des parkings, en rendant le centre aux piétons et en ajoutant des équipements, Douvaine se dotera d’un centre dynamique, vivant et dense. Ce nouveau centre ville s’adjoindra d’équipements scolaires, socioculturels, sportifs et commerciaux.

Pascal Hausermann est mandaté en avril 1972 pour élaborer le programme. Il présente le premier schéma d’organisation. Sur les conseils de M. Maissant, promoteur expert, le conseil municipal procède à la création d’une association nommée Association des Sociétés de Douvaine et présidée par le maire comportant une majorité de membres du conseil municipal ainsi que Commune Service et Office HLM pour une meilleure liaison entre les partenaires du projet et une facilité fiscale pour l’élaboration d’équipements communaux. Sur le plan financier, la part de l’effort financier communal ayant été largement atteint, la prise de risque importante (architecture expérimentale) et l’acquisition du domaine foncier nécessaire effectué, la société pourra au mieux catalyser une première étude à la SCET, l’aspect financier général devant être pris en charge dorénavant par l’Etat.

En mai de cette même année, Pascal Hausermann et Patrick Lemerdy présentent le programme du nouveau centre urbain. Avec une densité d’équipements, une animation importante pour une petite ville appelée à se développer rapidement, la densification se fera par superposition libre et évolutive. Située entre le centre et la zone d’équipements sportifs, on trouvera une place de cinquante mètres de diamètre et de 2 000m² de superficie, entourée d’arcades avec des commerces, protégée par une structure souple et amovible rétractable. Au sud de la place des marchés mènent à une placette surélevée qui dessert, à l’est un restaurant- brasserie, et à l’ouest une salle des fêtes. Derrière le restaurant, une piscine olympique parachève la liaison avec la zone des équipements sportifs grâce à une passerelle enjambant la rue. A l’ouest de la piscine, derrière la salle des fêtes, une place est réservée à l’école maternelle surélevée au niveau de la placette surplombant le sud de la grande place. Des liaisons piétonnes aériennes entre l’école, la piscine et la salle polyvalente sont prévues. Toute la surface au sol sera réservée au parking et aux commerces sous les arcades. Au sud de la bretelle, enjambée par une passerelle aérienne, un espace tampon est imaginé entre le centre d’animation journalière continue et les équipements sportifs. Accueillant des usages et des manifestations ponctuelles mixtes sur un terrain bordant le stade, cet espace tampon servira de lieu de détente, de sport et de plein air. On pourra y implanter un club avec des activités de type urbain telles que de l’équitation sur chemin, du ping-pong, du tennis, du repos, une buvette, etc. Ce lieu sera à planter d’arbres en attendant l’aménagement ultérieur et une étude plus poussée.

Pascal Hausermann présente également le programme de la salle polyvalente de cinquante mètres de diamètre soit 1960 m². Plusieurs types d’activité y sont envisagées: le sport avec un terrain mixte de 44×30 mètres, des vestiaires, des douches et des sanitaires ; les réunions avec des locaux de rangement pour les chaises et les tableaux ; la culture avec la possibilité de présenter du théâtre, du cinéma, des concerts, des expositions, (gradins, circulations techniques, éclairage, acoustique) ; la fête avec l’emplacement nécessaire pour organiser bals et foires (bar, cuisine champêtre en communication avec restaurant et place). La salle sera le premier élément à construire, l’Association de sociétés de Douvaine en permettra le financement. Le budget prévisionnel est fixé à 900 000 FF. Il sera débloqué dès réception du projet définitif comportant un devis descriptif estimatif à fournir en juin 1972, soit un mois plus tard. Le budget débloqué, le chantier pourra débuter à l’automne pour une ouverture prévue de la salle, à la fin du printemps 1973.

Le montage financier s’ébauche et des devis succincts s’établissent. Une prévision de rentabilité est dressée en tenant compte de la possibilité d’implanter un hôtel, des logements et des équipements privés, commerciaux et culturels. Des licences pour le restaurant à mettre en gérance par la commune et pour le club jouxtant le stade sont à prévoir et un hôtelier a déjà été trouvé pour gérer l’hôtel. Le financement de la piscine découverte chauffée utilisable en hiver, se fera par l’association finançant déjà la salle des fêtes. Les équipements commerciaux sont planifiés grâce aux conseils de M. Maissant.

A suivre… Demain, dernier épisode de notre dossier consacré à Pascal Hausermann


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