Utes - Santa Barbara ou la densité touristique

Utes – Santa Barbara ou la densité touristique

En France les débats sur la densité continuent d’animer les politiques, dernièrement encore avec le président de la République à propos du Grand Paris, citant le quartier parisien du Marais comme référence d’un quartier dense où il fait bon vivre. Pourtant dans d’autres contrées les décideurs locaux ne s’embarrassent pas de débats et vont au plus efficace : prendre le terrain là où il se trouve et construire. Simplement construire et construire encore.

Le village d’Utes en Crimée (Ukraine) est un des nombreux exemples d’une densité décomplexée. Mais tellement frappant. Imaginez une côte montagneuse, une mer bleue, une lumière au crépuscule qui vous fait perdre la frontière entre mer et ciel, et posez au milieu de ce décor… Santa Barbara !

(Cliquez sur l’image pour voir le panorama).

Quinze ans plut tôt, ce village n’était pas encore la destination touristique qu’il est aujourd’hui et un hôtel nommé Santa Barbara ne s’était pas encore imposé au village dans son ensemble. Mais voilà, les premières constructions ont entraîné les suivantes et aujourd’hui les touristes se pressent dans des locations ou des hôtels en front de mer. Le principe de ce site touristique est simple : construire une première ligne de bâtiments, puis une seconde, puis encore une, mais toujours au plus proche du rivage. Le résultat est digne d’une production post-moderne, avec un patchwork de styles architecturaux qui forment un ensemble hétéroclite, mais apprécié des clients, Ukrainiens et Russes en majorité.

Ce qui marque dans ce projet est le contraste entre cette densité assez poussée et l’échelle réduite du projet. Le village reste un village, dominé par la colline sur laquelle il est construit. Il y a de la place pour construire autour et pourtant tout se concentre sur le littoral, dans une recherche effrénée d’être au plus près de la mer. En cas de forte marée ou de tempête, mieux vaut bien garer sa voiture.

Cet endroit n’est certainement pas le seul dans ce genre. A grande échelle, on trouve par exemple Benidorm (galerie) en Espagne. Utes n’en reste cependant pas moins un site frappant, sachant que l’offre touristique environnante est riche et diversifiée, à commencer par la station balnéaire de Yalta, à 25 kilomètres à l’ouest. Il touche un public aux revenus modestes pour lesquels la priorité est de trouver un espace pour les vacances, avec la mer et un logement, quel qu’il soit et quel que soit le contexte. Et au final, on trouve une petite station balnéaire qui a pris le nom des premiers hôtels implantés là : Santa Barbara. Sans excès de marketing, pas de place pour le tourisme ! A moins de préférer les stations calmes en hiver comme celles que Patrick Tourneboeuf a su si bien illustrer (galerie).

Photo bannière : Yanina Deeva.


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